Rôle et responsabilités des surveillants de nuit

Le référentiel professionnel des surveillants de nuit précise les responsabilités qui sont exercées par ces professionnels. Il est rappelé que le surveillant de nuit « assure la sécurité des personnes et des biens » et « participe à l’accompagnement des personnes la nuit ». Il garantit la continuité de l’accompagnement, à travers sa participation à la vie institutionnelle. Il peut travailler seul ou en binôme (par exemple avec un autre surveillant de nuit, un aide-soignant, un moniteur-éducateur ou un éducateur).

Ces responsabilités se traduisent par des tâches précises. Ainsi, les surveillants de nuit « doivent veiller à ce qui peut se passer aussi bien au niveau des résidents que sur le plan matériel (risque d’effraction, incendie…). Concrètement, le surveillant de nuit, à sa prise de poste dans l’établissement, doit tenir compte des informations recueillies ; c’est le temps des transmissions réalisées soit en présence de l’équipe de jour, soit à l’aide d’un support (cahier, tableau…). Ensuite, le professionnel va s’assurer de la présence de l’ensemble des résidents. Ainsi, tout en respectant les protocoles mis en place par l’institution et en veillant à garantir l’intimité des résidents, il va réaliser « des rondes ». Ce qui peut paraître simple ne l’est pas car se repérer dans un espace et organiser ses déplacements demande de la méthodologie et de la discrétion. Le veilleur va également s’assurer des éléments garantissant la sécurité tels que la fermeture des fenêtres, des portes coupe-feu… » (1). Ces rondes sont effectuées dans le respect de l’intimité des résidents.

Les surveillants de nuit accompagnent les résidents dans leur endormissement. Par la suite, ils veillent au confort des résidents ; ils peuvent être amenés à les tranquilliser et à apaiser leurs angoisses.

Soulignons aussi que le surveillant de nuit participe à l’aide à la prise de médicaments, dans le cadre de l’application de l’article L313-26 du Code de l’action sociale et des familles. Il faut rappeler qu’au sein des établissements et services sociaux et médico-sociaux, « lorsque les personnes ne disposent pas d’une autonomie suffisante pour prendre seules le traitement prescrit par un médecin […], l’aide à la prise de ce traitement constitue une modalité d’accompagnement de la personne dans les actes de sa vie courante. » Dans ce cadre, « l’aide à la prise des médicaments peut, à ce titre, être assurée par toute personne chargée de l’aide aux actes de la vie courante dès lors que, compte tenu de la nature du médicament, le mode de prise ne présente ni difficulté d’administration ni d’apprentissage particulier ». Une condition est cependant posée par le législateur : « des protocoles de soins [doivent être] élaborés avec l’équipe soignante afin que les personnes chargées de l’aide à la prise des médicaments soient informées des doses prescrites et du moment de la prise » (Code de l’action sociale et des familles, L313-26).

Au-delà de certaines tâches récurrentes, on constate de grandes diversités dans les quotidiens des surveillants de nuit. Différents facteurs explicatifs peuvent être avancés. De manière évidente, les conditions d’exercice du métier différent selon les besoins des résidents, leur âge, leur pathologie, leurs difficultés. Au sein d’une maison d’accueil spécialisée, par exemple, « le surveillant est confronté à des personnes souffrant de troubles du comportement (agitation, déambulation, perte de repère dans le temps et l’espace) et à des réveils nocturnes. Il est donc à même de changer la personne si nécessaire, de l’accompagner aux toilettes ou de prendre du temps pour la rassurer. Le veilleur a aussi un rôle dans la prévention des risques de chutes des résidents car, en cas de lever, il peut aider le résident, l’accompagner aux toilettes, s’assurer du recouchage » (2). A contrario, le surveillant de nuit qui exerce au sein d’un foyer d’hébergement accompagne des adultes autonomes, continents, qui ne relèvent pas d’une surveillance médicale constante.

En plus des tâches inhérentes à la surveillance des locaux et à l’accompagnement des résidents, les surveillants de nuit peuvent assurer une fonction d’hygiène et d’entretien des locaux ou encore d’hôtellerie (entretien du linge, préparation du petit déjeuner).


(1) DARNET-GINOT Karine, « Le quotidien des surveillants de nuit », Doc ’AMP, n°33, juillet-août 2015, p. 29.

(2) DARNET-GINOT Karine, « Le quotidien des surveillants de nuit », Doc’AMP, n°33, juillet-août 2015, p. 30


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s