Enquête

Durant l’année 2019, nous avons réalisé une enquête sur les conditions d’exercice du métier de surveillant de nuit au sein des établissements sociaux et médico-sociaux.

Nous avons recueilli le témoignage de 33 professionnels ayant exercé ou exerçant le métier de surveillant de nuit:

  • 16 professionnels travaillant dans des établissements relevant du champ du handicap;
  • 13 professionnels travaillant dans des établissements relevant de la protection de l’enfance;
  • 2 professionnels travaillant au sein d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD);
  • 2 professionnels travaillant au sein d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS).

Par ailleurs, nous avons recueilli le témoignage de professionnels titulaires du Diplôme d’Etat d’Aide-soignant (DEAS) ou du Diplôme d’Etat d’aide médico-psychologique (DEAMP) travaillant de nuit au sein d’établissements sociaux ou médico-sociaux. Nous avons ainsi échangé avec :

  • Deux personnes titulaires du Diplôme d’Etat d’Aide-soignant (DEAS) travaillant ou ayant travaillé de nuit (l’une en Foyer de vie pour adultes handicapés, l’autre en Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ;
  • Une personne titulaire du Diplôme d’Etat d’aide médico-psychologique (DEAMP) travaillant au sein d’une Maison d’accueil spécialisé.

En outre, nous avons échangé avec des professionnels du soin ou de l’éducation travaillant « de jour ». Il s’agissait notamment de recueillir leurs analyses sur le fonctionnement des temps de relève ainsi sur les outils de liaison entre les équipes de jour et les équipes de nuit (cahier de liaison, logiciel, etc).

Enfin, nous avons pu rencontrer trois chefs de service qui nous ont livré leur vision des qualités nécessaires à l’exercice du métier de surveillant de nuit.

Nous avons interrogé les professionnels travaillant « de nuit » sur les thèmes suivants:

– Les modalités pratiques de leur entrée en fonction ;

– Les difficultés éprouvées lors de l’entrée en fonction ;

– Les relations qu’ils entretiennent avec les résidents ;

– Leur intégration au sein de l’établissement ;

– Leurs perspectives professionnelles.

Les entretiens ont été entièrement anonymisés.

Plusieurs points émergent de ce travail d’enquête. Par exemple, les surveillants de nuit (SDN) ont très souvent insisté sur les difficultés éprouvées lors de l’entrée en fonction. Ces difficultés sont tout d’abord physiologiques : il s’agit de s’adapter aux contraintes du travail de nuit, de trouver le « bon rythme de vie », celui qui permet une récupération maximale. Mais les SDN ont eu aussi le sentiment d’entrer dans une fonction qui bénéficie d’une faible reconnaissance institutionnelle. « Trouver sa place », « faire sa place », « se faire reconnaître » vis-à-vis de l’équipe comme des usagers, voilà les difficultés auxquelles ils disent avoir été confrontées dès leur entrée en fonction.

Par ailleurs, nous avons constaté que le rapport au métier de ces surveillants de nuit est traversé par une forte ambivalence. D’un côté, ils soulignent les fortes contraintes attachées au métier (fatigue chronique, faible reconnaissance sociale et institutionnelle, sentiment d’isolement au sein des établissements sociaux ou médico-sociaux). D’un autre côté, ils considèrent que ce travail est gratifiant. Le lien quotidien avec les résidents est ainsi décrit comme une source importante de motivation et d’épanouissement personnel.

Cette enquête sera publiée dans les semaines à venir sur une plateforme d’auto-édition numérique. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés!

Catherine Moulin et Eloïse Girault